14/02/2018

Le massacre d’Afrine, ou un spectacle en direct de l’effondrement de nos valeurs occidentales (encore)

DU_R2J1WsAAS7kd.jpgLe 20 janvier dernier, la Turquie a lancé une offensive sanglante contre la région d’Afrine en Syrie. Alors que Recep Tayyip Erdogan prétend lutter contre le terrorisme, il a procédé à un massacre contre les Kurdes, nos alliés dans la lutte contre l’Etat islamique. 

Les images du corps mutilé de Barine Kobané, une kurde de 23 ans, dont sa torture et assassinat ont été filmés par les milices alliés aux forces turques, est révoltant et barbare. Cette jeune fille avait été rattachée à une unité de combat exclusivement féminine et avait participé aux combats de Kobané, comme son nom de guerre l’indique.

La coalition internationale a une dette morale envers les milices kurdes qui ont payé un prix très lourd pour notre sécurité et nos valeurs. Or, l’on assiste à l’effondrement en directe de ces « valeurs », lorsque les démocraties occidentales choisissent la passivité. En fin de compte, à quoi servent-elles si elles ne guident pas nos actions ?    

Cette offensive ne pourra qu’aider la Turquie d’Erdogan qui se tiendra prêt à en profiter, et l’utiliser comme propagande lors des élections présidentielles turques en 2019. Notre silence est également une soumission à la Russie, qui avait donné son feu vert à l’opération. Or, il s’agit de refuser l’inacceptable sur notre propre échiquier moral—pas celui des autres. Evidemment, cette coalition réunit des acteurs cyniques aux intérêts contradictoires (Syrie, Iran, Turquie, Etats Unis, Russie). Mais aussitôt que l’état islamique fut militairement vaincu, le terrain syrien est devenu le théâtre d’action d’intérêts belliqueux, à commencer par la présence militaire iranienne en Syrie, qui menace d’emblée toute la région, et en particulier la survie d’Israël.  

Sur le plan militaire, les milices kurdes syriennes ont combattu aux côtés de la coalition anti-jihadiste à Kobané (en 2014) puis ont contribué à la libération de Raqqa (2017). Aujourd’hui, à voir les bombardements quotidiens des villes, les pillages, la mort des civils, femmes et enfants, nous sommes décidemment ingrats, indifférents ou amnésiques.

Joelle Fiss

Analyste droits de l’Homme aux organisations internationales 

Candidate au Grand Conseil- PLR-Liste 4

 

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17/01/2018

Relations Suisse-Union européenne, un référendum « de principe » ?

Récemment, la conseillère fédérale Doris Leuthard a proposé l’annonce d’un « vote de principe » sur la relation de la Suisse avec l’Union européenne (UE).

A priori, cela ne semble pas être une mauvaise idée. Après tout, la Suisse est le seul pays au monde où le système de démocratie directe par référendums fonctionne harmonieusement. A l'inverse de nombreux pays, le référendum est peu utilisé à des fins autres que l’objet du scrutin en question. Il ne sert ni à plébisciter une direction prise par les autorités, ni à sanctionner un gouvernement. Le référendum helvétique est avant tout pragmatique. Les implications du scrutin sont scrupuleusement débattues et pesées. C’est la grande force de notre démocratie si originale !

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13:15 Écrit par Joelle Fiss | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

20/12/2017

Ma réponse libérale à la solidarité

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Récemment, j’ai écrit mon premier blog pour expliquer pourquoi je me présente au Grand Conseil. J’ai appelé à œuvrer pour une Genève « qui excelle partout : ses écoles et formations, ses services de santé, sa place financière, son statut international, sa mobilité, son logement, ses loisirs ».

La toute première réaction à mon blog apparaît sur mon écran. Le commentaire est le suivant :

« En tant que Genevoise uniquement, ayant toujours vécu et payé mes impôts à Genève, sans argent caché à droite ou à gauche, ni au bénéfice d'une aide sociale, avec une fille genevoise handicapée donc sans le moindre intérêt pour le PLR (ni pour les autres partis il faut le reconnaître), et me fichant totalement que la petite Genève excelle dans tous les domaines et soit mondialement réputée mais souhaitant simplement qu'elle redevienne la petite ville sympathique, pas surpeuplée et sans dette qu'elle était il y a une quarantaine d'années (et oui, contrairement à vous, je suis modeste), je ne voterai pas pour vous. »

 J’ai senti que j’avais froissé, même blessé, cette lectrice. Mon ambition pour Genève a été perçue comme de l’arrogance. Pour cette lectrice, personne ne s’intéresse au sort des enfants en situation de handicap. Ce commentaire incarne un sentiment fort qu’il importe d’écouter.

 

 

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20:30 Écrit par Joelle Fiss | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |