21/11/2017

«Vous êtes basée à New York ou Genève ?» Petit guide pour faire rayonner la Genève internationale

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Après 15 ans à l’étranger, c’est la Genève internationale qui m’a donnée l’opportunité de rentrer en Suisse pour continuer à travailler sur les droits de l’homme et la sécurité internationale. Comme de nombreux genevois, je suis partie ailleurs après mes études… pour mieux revenir.

D’abord, je me suis installée à Bruxelles et j’ai notamment vécu de l’intérieur les coulisses du Parlement européen. Puis, j’ai travaillé sur les Droits de l’Homme pour une ONG à New York. Mon expertise se porte sur les droits de l'homme et la sécurité, deux droits qui sont complémentaires à mon sens. Je travaille sur la liberté d’expression et de conscience, et la lutte contre la violence extrémiste et la radicalisation. A la lumière de l’actualité internationale, j’analyse aussi l’impact, souvent controversé, de la religion en politique.

A New York, dans les cercles onusiens, l’une des premières questions que l’on vous pose est : « êtes- vous basée à New York ou à Genève » ? Souvent, ma réponse fut : « Heu, là je vis à New York, mais je viens de Genève ». 

La dualité de ces deux villes s’intercale dans de nombreuses discussions. L’on utilise le mot Genève comme raccourci, représentant des activités et institutions très diverses. Le Conseil des Droits de l’Homme. L’Organisation mondiale du Commerce. Le Haut-Commissariat pour les Réfugiés. Le Comité international de la Croix-Rouge. Les dernières médiations sur la situation en Syrie. Les négociations sur l’accord avec l’Iran. Les opérations humanitaires d’envergure internationale. L’on entend souvent « Genève a adopté ce texte le mois dernier » ou « faisons le point après les négociations de Genève ». Et ce, sans parler même d’autres écosystèmes qui me sont moins familiers, tels que le CERN, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) ou l’Union internationale des Télécommunications (UIT). Et il y en a bien d’autres.  

En somme, la cité de Calvin rayonne bien au-delà de ses contours. Elle est véritablement « la plus petites des grandes villes », un centre urbain à taille modeste, mais d’une renommée mondiale. Ce paradoxe est fascinant. Au-delà du prestige pour les genevois de graviter autour de prises de décisions mondiales, la Genève internationale apporte beaucoup à notre société et notre économie. Des acteurs clés sont réunis ici dans les domaines de la recherche scientifique, la santé, l’innovation, la finance, le commerce international, l’environnement, la diplomatie et l’humanitaire.

Le Service de la Genève internationale du canton rapporte des chiffres intéressants. Par exemple, 1 emploi sur 10 dans le canton est créé par les organisations internationales, les organisations non-gouvernementales, les missions permanentes et les consulats. Leur contribution au PIB du canton est de 11,3%. De plus, avec 931 multinationales installées ici et 183 nationalités représentées, Genève accueille une concentration inégalée d’acteurs globaux stimulant à la fois son économie, ses transports et ses commerces. 41% de la population est étrangère et ce paysage international se mêle aisément à notre culture locale. Cette diversité nous enrichit au quotidien.

Il faut continuer à placer Genève au cœur de l’innovation. L’on se situe bel et bien aux carrefours de plusieurs expertises et cela crée une opportunité unique à saisir. Le statut privilégié de notre ville ne doit pas être pris pour acquis. A l’avenir, et au cours de la prochaine législature, il y aura donc des actions à mener :

D’abord, la Genève internationale doit rester une priorité solide pour le Canton et cela nécessite une voix forte et une écoute permanente auprès des acteurs installés ici.  

Ensuite, il faut continuer à attirer les « cerveaux » et les experts.  Des initiatives, telles que les « Geneva Digital Talks » visant à règlementer la cyber-sécurité au niveau international, et lancés récemment par le conseiller d’Etat en charge de l’Economie et la Sécurité Pierre Maudet, œuvrent certainement dans ce sens. Genève accueille plus de 50% des organisations mondiales qui traitent des aspects technologiques, économiques, juridiques, de sécurité et des droits humains de la gouvernance numérique. Et comme le conseiller d’Etat a bien noté, « la Suisse a déjà toutes les cartes en main pour s’imposer sur la scène internationale en tant que centre mondial de dialogue et de régulation du processus de transformation numérique de la planète ».

Par ailleurs, une solution doit être trouvée pour encourager le secteur privé et les multinationales à s’installer à Genève. Depuis le 1er novembre 2017, le Canton de Vaud a annoncé que ses entreprises bénéficieront (dès janvier 2019) d’une imposition à taux unique de 13, 79%, alors que le taux genevois se situe à 24,2%. Une course contre la montre s’est déclenchée pour ne pas perdre notre compétitivité et notre attractivité.  

Il faudra générer des initiatives pour connecter plus fréquemment les genevois et les acteurs internationaux, afin de profiter pleinement de cette diversité culturelle et intellectuelle qui constitue l’âme de notre cité. 

Sur un plan très concret, des travaux de grande envergure se préparent pour rénover les alentours de la Place des Nations et transformer le quartier international. Ce projet est une opportunité rare et fabuleuse pour stimuler de nombreux projets éducatifs et culturels, ainsi que nos infrastructures, logements et transports.  

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Soyons donc à la hauteur de toutes ces ambitions !

 
 

10:07 Écrit par Joelle Fiss dans Air du temps, Droits de l'Homme, Genève, Genève internationale | Tags : genève internationalea | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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