20/12/2017

Ma réponse libérale à la solidarité

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Récemment, j’ai écrit mon premier blog pour expliquer pourquoi je me présente au Grand Conseil. J’ai appelé à œuvrer pour une Genève « qui excelle partout : ses écoles et formations, ses services de santé, sa place financière, son statut international, sa mobilité, son logement, ses loisirs ».

La toute première réaction à mon blog apparaît sur mon écran. Le commentaire est le suivant :

« En tant que Genevoise uniquement, ayant toujours vécu et payé mes impôts à Genève, sans argent caché à droite ou à gauche, ni au bénéfice d'une aide sociale, avec une fille genevoise handicapée donc sans le moindre intérêt pour le PLR (ni pour les autres partis il faut le reconnaître), et me fichant totalement que la petite Genève excelle dans tous les domaines et soit mondialement réputée mais souhaitant simplement qu'elle redevienne la petite ville sympathique, pas surpeuplée et sans dette qu'elle était il y a une quarantaine d'années (et oui, contrairement à vous, je suis modeste), je ne voterai pas pour vous. »

 J’ai senti que j’avais froissé, même blessé, cette lectrice. Mon ambition pour Genève a été perçue comme de l’arrogance. Pour cette lectrice, personne ne s’intéresse au sort des enfants en situation de handicap. Ce commentaire incarne un sentiment fort qu’il importe d’écouter.

 

 

D’abord, méfions-nous des apparences. Tous les genevois sont concernés par des questions relatives à la santé. A titre personnel, je connais de près la solitude de parents face à ce combat quotidien qu’est le handicap. Les coûts financiers sont immenses, tout comme les défis pratiques au quotidien. La santé, dont le handicap, n’a pas de couleur politique et peut frapper tous, à n’importe quel moment. Elle relève de la catégorie de droits essentiels, comme ceux de la subsistance ou le logement. On est au cœur des besoins essentiels de l’humain.

Même si le PLR n’est pas le seul parti visé et critiqué par cette lectrice, il n’empêche qu’il existe dans l’opinion publique un tas de clichés sur l’individualisme libéral. Parfois, ceux qui critiquent la libre concurrence du marché assimilent cela à du ‘laissez-faire’ moral. Cela me désole.

Le projet libéral-radical est de placer l’individu au centre de sa politique. Chacun doit avoir la possibilité de se réaliser, en dépit des inégalités des naissance ou des aléas arbitraires de la vie. Aider ceux frappés par les épreuves difficiles est essentiel. C’est une condition nécessaire à réaliser l’idéal libéral, qui est de permettre à chaque individu à réaliser son épanouissement.  

L’Etat doit apporter un soutien à ceux qui ne peuvent pas s’en sortir. Le but n’est pas à recréer une société homogène où l’égalité entre individus tend vers l’absolu. En revanche, les ressources publiques doivent être réparties pour investir auprès de celles et ceux qui sont dans le réel besoin. Il faut donc assumer ce choix qualitatif : certains ont plus besoin d’aide sociale que d’autres—et c’est là où les efforts doivent être consacrés.

Dans mon blog précédent, j’ai appelé à amener de la croissance au canton. Sans création de richesse et sans recettes, il n’y a pas d’Etat social. Il faut un maximum de ressources financières pour pouvoir les redistribuer. Cela implique aussi qu’il faut aussi réduire à tout prix les coûts superflus et les gaspillages de dépenses.

Soyons clairs : ceux dans la difficulté doivent bénéficier des retombées économiques de notre succès. C’est ma réponse libérale à des questions sociales impératives.

 

20:30 Écrit par Joelle Fiss dans Air du temps, Genève, Grand Conseil | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

Commentaires

Magnifique !

"L’Etat doit apporter un soutien à ceux qui ne peuvent pas s’en sortir."

Je me réjouis de voir votre souci de solidarité. (Pas trop fréquent dans le milieu P.L.R.)

Dans cette perspective, merci de m'éclairer sur ce que fait le privé, juste avant de décréter que tel cas relève de l'aide sociale publique.

Écrit par : Laid.nin | 21/12/2017

Merci pour votre gentil message. Pour commencer, et en lien avec le propos de mon blog (qui commentait notamment sur les personnes en situation de handicap) , je suggère qu'on fasse un travail pédagogique auprès de tous les acteurs, y compris le privé évidemment, pour expliquer que tout le monde a sa place dans la société.

Écrit par : Joelle Fiss | 17/01/2018

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