27/03/2018

Non, la sécurité n'est pas un droit "méchant" et les droits de l'homme "gentils"!

Ce sont deux droits complémentaires, à maximiser. 

Partout dans le monde, à travers différents regards et cultures, je constate que le discours politique a souvent tendance à opposer deux droits éminents : le droit à la sécurité et les droits de l’homme. Dans le registre des clichés populaires, la sécurité est un droit « méchant » et réaliste, alors que les droits de l’homme sont « gentils » et idéalistes. La sécurité ? Un cheval de bataille de la droite, tandis que les droits de l’homme sont défendus par la gauche. Nous sommes face à des visions qui polarisent. Souvent, l’on dépeint ces droits comme une équation à somme nulle. Au lieu d’appeler les politiques à créer un délicat équilibre, les libéraux-radicaux ont bien compris qu’il faut maximiser ces deux droits, et l’on peut s’en féliciter.


Liberté et sécurité sont complémentaires. Ils sont même interdépendants et ne peuvent vivre l’un sans l’autre. Sans sécurité, l’individu ne peut pas se réaliser et s’épanouir. L’idéal libéral est donc inconcevable sans le garanti d’être à l’abri des dangers. A son tour, l’exercice des libertés individuelles, au-delà de leurs valeurs intrinsèques (libertés d’expression, d’association, de conscience, etc.) permettent une paix collective et empêchent l'instabilité sociale—voire des revendications qui peuvent mener à la violence. En effet, la recette d’une démocratie épanouie, stable et prospère provient du contrat de confiance entre ses citoyens et son gouvernement. Si la sécurité et les droits de l’homme sont assurés, ce contrat est honoré.  

Notre conseiller d’Etat Pierre Maudet a très bien compris qu’il faut s’attaquer sans complexes à lutter contre les menaces sécuritaires, tout en chérissant l’ouverture et la liberté. Comme il dit: «La sécurité ne prime pas sur la liberté, elle la garantit. Elle permet d’assurer l’intégrité physique des personnes, l’exercice des libertés, celle d’aller et venir, et de jouir paisiblement de ses biens ».[1]

La définition de la sécurité s’étend aujourd’hui à de nombreux domaines. Nous sommes loin de la période où la sécurité traditionnelle se résumait à la protection de l’état face aux menaces militaires d’autres états. Aujourd’hui, il faut impliquer de nombreux acteurs privés et publics, nécessitant des moyens aussi militaires que civils. Comme la stratégie sécuritaire du Canton de Genève[2] l’indique très justement, les sociétés contemporaines sont caractérisées par leur complexité et par l’incertitude. De nombreuses questions y sont imbriquées. Pour ne citer que quelques exemples : il faut assurer la sécurité individuelle des genevois, la sécurité collective, lutter contre la criminalité, maitriser un flux migratoire transfrontalier (qui puisse servir la mobilité et les intérêts économiques de Genève-- mais sans abus), combattre le terrorisme et prévenir la radicalisation (et Genève reste une cible potentielle certaine) et se défendre contre les cyber-risques qui peuvent menacer nos infrastructures à tout moment.

Genève est doté d’un soft power[3] remarquable.

Notre Canton bénéficie d’une bonne situation sécuritaire tout en gardant une politique d’ouverture. Ce paysage, où la sécurité et le respect des droits de l’homme coexistent harmonieusement, produit un contexte où il fait bon vivre, où il est judicieux de s’y établir, mais également d’y investir-- si les incitations financières et fiscales sont bonnes. La grande force de Genève se repose donc sur une paix sociale, qui conjugue diversité et stabilité. Une série d'effets positifs découlent de ce contexte tels que le progrès socio-économique et les investissements.

Continuons à cultiver ce soft power genevois. C’est un vrai trésor auxquels de nombreux pays aspirent. De nos jours, ni la liberté, ni la sécurité peuvent être considérées comme des acquis. Tous deux sont un luxe à préserver et à soigner. A la fois pour les maintenir mais aussi les développer.

 

 Joelle Fiss est candidate PLR au Grand Conseil. Pour plus savoir sur elle : https://ecoute-action.ch/candidats-au-grand-conseil/joell...

Vous pouvez lire plus sur  www.joellefiss.com http://joellefiss.blog.tdg.ch/archive/2017/11/09/pourquoi...

 

[1] https://www.ge.ch/document/strategie-securitaire-du-canton-geneve-2030-tome-1

[2] https://www.ge.ch/document/strategie-securitaire-du-canto...

[3] « Puissance douce » ou « pouvoir de la diplomatie ».

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