16/03/2018

Dédicace spéciale à tous les alumnis de l'Institut des Hautes études internationales et de développement !

 

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J’ai eu un plaisir fou à étudier les relations internationales à l'Institut des Hautes Etudes internationales et du Développement à Genève. A l’époque nos cours étaient répartis entre la villa Barton et un auditoire provisoire érigé en bois, où l’on sirotait des cafés dans une cantine mobile adjacente. La bibliothèque se trouvait au sous-sol de l’OMC. On prenait l’air dans un paysage paisiblement bordé par le lac qui semblait inchangé depuis 1919, date de création de la Société des Nations, à quelques pas de là ! Il y avait la fierté d’y étudier, en raison du prestige de l’Institut. Puis, le stress de réussir. Ma volée fut idéaliste, engagée, audacieuse. Les débats continuaient bien souvent après les cours. L’Institut fut une réelle communauté internationale intégrée, composée de suisses et de citoyens du monde entier. Chacun(e) avait sa place pour exprimer sa culture, ses convictions, ses analyses politiques.

L’examen final interdisciplinaire avait sa propre mythologie. Chaque étudiant devait piocher au hasard une question d’actualité. On avait 24 heures avant de présenter notre exposé (à dimension politique, légale, économique et historique) devant un panel. Nos recherches se faisaient encore par les photocopies de livres de la bibliothèque, et non pas Google, imaginez-vous !

Et puis, sans le savoir à l’époque, ma question d’examen fut en quelques sortes prophétique :

« Discutez du rôle de l’Union européenne au Moyen-Orient ».

A l’époque, je ne savais pas que j’allais devenir une fonctionnaire des institutions européennes quelques années plus tard. (En effet, Suissesse et britannique, j‘ai été recrutée comme attachée presse de la Commission des Affaires étrangères au Parlement européen, puis après conseillère politique pour le groupe libéral).  Je ne savais pas non plus qu’au cours de la suite de ma carrière, une grande partie de mes recherches sur les droits de l’homme et le rôle de la religion en politique se porteraient sur plusieurs régions, dont fréquemment le Moyen-Orient.

Aujourd’hui, je suis candidate aux élections du Grand Conseil 2018, après 15 ans à l’étranger. En vivant, à Bruxelles et à New York, j’ai développé un regard sur Genève, tant local que celui d’outsider. Paradoxalement, je pense que cette double perspective me donne un recul et une inventivité qui peut servir. Je me présente au Grand Conseil parce que je veux une Genève qui excelle dans tous les domaines : ses écoles et formations, ses services de santé, sa place financière, son statut international, sa mobilité, son logement, ses loisirs. Genève a pu se préserver jusqu’à aujourd’hui de l’extrémisme qui secoue le monde entier—et je veux que la Suisse reste un îlot de sécurité, de paix sociale, de pluralisme et un exemple mondial de bien-être, où l’ouverture coexiste harmonieusement avec la sécurité.

Nous, les alumni de l’Institut, savons bien que la Genève internationale fait rayonner la cité de Calvin bien au-delà de ses frontières et réunit des acteurs clés dans les domaines de la recherche scientifique, la santé, l’innovation, la finance, le commerce international, la diplomatie et l’humanitaire. J’aspire à défendre et développer la potentialité de cette Genève internationale et aussi construire des ponts entre helvètes et expatriés, qui vivent souvent dans des mondes parallèles.

Enfin, dans l’histoire des idées politiques, le libéralisme m’a toujours inspirée dans sa lutte contre la tyrannie et pour l’émancipation individuelle. Mon libéralisme est profondément humaniste. Par exemple, voici ma vision de la solidarité.  Je reste à votre disposition pour répondre à toutes vos questions et échanger des idées avec vous ! Contactez –moi sur LinkedIn ou à www.joellefiss.com. Je tiens aussi un blog à : http://joellefiss.blog.tdg.ch

J’espère que je pourrais compter sur votre soutien!

16:55 Écrit par Joelle Fiss dans Genève, Genève internationale, Grand Conseil, Sécurité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

11/03/2018

On compare nos résultats SmartVote?

IMG_1269.JPGLe paysage genevois sera bientôt envahi par ces créatures insolites qui surgissent en saison électorale : les fameuses araignées de SmartVote! Chaque électeur pourra comparer ses positions politiques à celles des nombreux candidats qui se présentent au Grand Conseil. Je vous épargne l’exercice douloureux de parcourir mon questionnaire. Dans un souci de transparence et l’envie d’échanger avec vous sur des questions de fond, voici un petit résumé (non-exhaustif) de mes réponses !

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14/02/2018

Le massacre d’Afrine, ou un spectacle en direct de l’effondrement de nos valeurs occidentales (encore)

DU_R2J1WsAAS7kd.jpgLe 20 janvier dernier, la Turquie a lancé une offensive sanglante contre la région d’Afrine en Syrie. Alors que Recep Tayyip Erdogan prétend lutter contre le terrorisme, il a procédé à un massacre contre les Kurdes, nos alliés dans la lutte contre l’Etat islamique. 

Les images du corps mutilé de Barine Kobané, une kurde de 23 ans, dont sa torture et assassinat ont été filmés par les milices alliés aux forces turques, est révoltant et barbare. Cette jeune fille avait été rattachée à une unité de combat exclusivement féminine et avait participé aux combats de Kobané, comme son nom de guerre l’indique.

La coalition internationale a une dette morale envers les milices kurdes qui ont payé un prix très lourd pour notre sécurité et nos valeurs. Or, l’on assiste à l’effondrement en directe de ces « valeurs », lorsque les démocraties occidentales choisissent la passivité. En fin de compte, à quoi servent-elles si elles ne guident pas nos actions ?    

Cette offensive ne pourra qu’aider la Turquie d’Erdogan qui se tiendra prêt à en profiter, et l’utiliser comme propagande lors des élections présidentielles turques en 2019. Notre silence est également une soumission à la Russie, qui avait donné son feu vert à l’opération. Or, il s’agit de refuser l’inacceptable sur notre propre échiquier moral—pas celui des autres. Evidemment, cette coalition réunit des acteurs cyniques aux intérêts contradictoires (Syrie, Iran, Turquie, Etats Unis, Russie). Mais aussitôt que l’état islamique fut militairement vaincu, le terrain syrien est devenu le théâtre d’action d’intérêts belliqueux, à commencer par la présence militaire iranienne en Syrie, qui menace d’emblée toute la région, et en particulier la survie d’Israël.  

Sur le plan militaire, les milices kurdes syriennes ont combattu aux côtés de la coalition anti-jihadiste à Kobané (en 2014) puis ont contribué à la libération de Raqqa (2017). Aujourd’hui, à voir les bombardements quotidiens des villes, les pillages, la mort des civils, femmes et enfants, nous sommes décidemment ingrats, indifférents ou amnésiques.

Joelle Fiss

Analyste droits de l’Homme aux organisations internationales 

Candidate au Grand Conseil- PLR-Liste 4

 

16:42 Écrit par Joelle Fiss dans Droits de l'Homme, Grand Conseil, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |