La valeur du libéralisme politique à l’ère du COVID19

Depuis quelques semaines, on tourne en rond chez soi, comme le reste de l’humanité. Et l’on se met à lire un tas d’articles, par exemple, que le COVID 19 marque la fin de l’idéologie libérale.  L’interventionnisme étatique est d’emblée saluée et assimilée à une vertu socialiste. Les mesures nationales (par exemple, la fermeture des frontières) confortent les souverainistes qui prophétisent depuis la nuit des temps le retour à «l’état-nation». 

Bref, le libéralisme va mal. Ici, je m’attarde sur sa déclinaison première : le libéralisme politique.

Dans la pensée libérale classique, l'État existe précisément pour défendre la vie et la liberté des citoyens. Là où l’individu ne peut pas agir seul, les services publics prennent tous leurs sens. L’état est au cœur de l’action, là où l’individu est désarmé. Les dépenses publiques, le soutien volontariste du gouvernement à l’économie, et aux services publics, la solidarité auprès des plus démunis sont donc parfaitement nécessaires et moralement justes de ce point de vue.

Le confinement édicté par le Conseil fédéral (qui s’apprête à progressivement desserrer) a été largement inspiré par le libéralisme historique- bien plus que nos voisins français ou italiens. Le gouvernement a placé la responsabilité individuelle dans les mains de chacun. Le succès helvétique ne sera que la somme des actions individuelles des citoyens (un peu comme notre démocratie semi-directe). Chacun a la responsabilité d’exercer sa liberté personnelle, avec sagesse.

Puis, pour tous ceux qui ont la chance d’être en bonne santé, et qui restent confinés, ce sont les acquis historiques du libéralisme politique qui les touchent en premier. Tout le monde souffre du manque de la liberté de mouvement, de la liberté d’entreprendre et de la liberté de faire ses propres choix individuels. 

Il sera encore plus important de les défendre dans l’après COVID19. Rien n’est acquis. De nombreux régimes utilisent le coronavirus pour réprimer les citoyens et les priver de leurs droits.  Pour ne donner que quelques exemples , l’on assiste à une surveillance accrue des citoyens via des applications ou données de téléphones portables (Chine, Russie,) des arrestations accrues de dissidents politiques (Bolivie, Philippines, Uganda, Venezuela), des blocages de site web et de la liberté d’opinion et expression (Cambodge, Serbie, Yémen, Émirats Arabes Unis) tandis que d’autres renforcent leurs pouvoirs exécutifs et effritent le processus démocratique (Hongrie, Israël, Pologne).

En Suisse, les restrictions sont conçues pour protéger la santé publique dans des circonstances extraordinaires. Ce sera aux parlementaires de s’assurer qu’il n’y aura pas d’abus de pouvoir par l’exécutif et que la durée de cet état d’urgence soit limitée.

 

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